Oui à la 2x2 voies ne baisse pas les bras
Le serpent de mer de la RN88 alimente toujours le débat en Lozère. (article signé Fabien Hisbacq)



L'association réoriente ses demandes pour la RN88.

Peu d’associations peuvent se vanter de réunir lors de leur assemblée générale le député, le sénateur, le président de la CCI, sans compter d’autres élus, conseillers municipaux, généraux ou maires. C’était le cas vendredi soir de Oui à la 2x2 voies.
Pourtant, l’association a traversé des périodes de doutes dans son combat pour faire passer la RN88 à deux fois deux voies. De déception en déception, ses membres ont dû changer de stratégie. Car, comme le résumait le maire de Langogne, Guy Malaval : "Il y a dix, quinze ans on se battait pour la 2x2 voies, aujourd’hui, on s’accroche à un bout de contournement de Langogne. Je ne veux pas casser le moral, mais on en est là !"
Le nerf de la guerre, ces derniers temps c’était en effet le contournement de Langogne. De même que celui de Mende. Mais sur ces deux points, les élus de tous bords semblent être sur la même longueur d’onde. Alain Bertrand a synthétisé l’affaire à sa manière : "Bien sûr, il n’y a plus un radis dans les caisses de l’État, mais il faut un pas supplémentaire". Un pas que les collectivités sont désormais condamnées à attendre. "Pour avoir une chance de voir ces contournements, il faut une inscription au schéma national des infrastructures de transport", a rappelé le président de l’association, Jean Villemagne. Et aussi être vigilant sur les propositions. Ainsi, le phasage a son importance. "Si on fait en trois phases, on restera à la première", a prédit Guy Malaval. Idem pour les points noirs sur la partie ouest de la nationale. "Ça ne nous intéresse pas", affirme Jean Villemagne.
"On est moins audibles que par le passé, il faut savoir sur quoi communiquer en priorité, faire des choix", a d’ailleurs demandé Thierry Jullier, le président de la CCI. Jean Villemagne est aussi de cet avis et a proposé de travailler sur l’amélioration de cinq tronçons entre Mende et Le Puy (dont trois en Haute-Loire). Des tronçons qui exigent peu de travaux, peu d’ouvrages d’art et permettront au moins, dans un premier temps, de créer des zones de dépassement pour répondre à une triple exigence sur cet axe : sécurité, fluidité, désenclavement. Une table ronde devrait être organisée sous peu mêlant élus des deux départements.