Pas très encourageant les articles parus en page 4 et 10 de la Lozère Nouvelle du 24/02/2006.
S’il faut se réjouir des diminutions du nombre de tués enregistrées en 2005 et 2004, on sent bien une certaine inquiétude quant aux possibilités de maintenir ces bons résultats et à fortiori de les améliorer.
En effet, globalement, la situation se dégrade (accidents : + 13% - Blessés : + 16%). Mais ce n’est pas nouveau… . Et il semble bien que les mesures de prévention et de répressions envisagées (et il faut bien le reconnaître appliquées depuis un certain temps déjà !) n’y feront effectivement pas grand chose !!!
.@@ Le mal est plus profond, on le sait bien…

Notre association s’en fait l’écho lors des réunions publiques qu’elle organise depuis l’automne 2005 et sur son site internet www.rn88.fr.

Depuis l’année 2001, un organisme très officiel (l’OBSERVATOIRE NATIONAL INTERMINISTERIEL DE SECURITE ROUTIERE) publie chaque année un rapport très complet intitulé « Les grandes données de l’accidentologie » ; la dernière parution date du printemps 2005 et concerne la période 2000-2004.
La richesse de ce document réside dans le fait qu’il ne se contente pas d’étudier les causes « classiques » d’accident (vitesse, alcool, port de la ceinture, etc…) mais qu’il analyse, dans le détail, d’autres facteurs accidentogènes qui sont généralement moins médiatisés et notamment la qualité du réseau routier.
De plus, l’étude porte sur des périodes de 5 ans glissants ce qui permet de mesurer une tendance et d’éliminer les données conjoncturelles (météo par exemple) …. et les effets d’annonce !!! Il serait fastidieux de donner ici tous les éléments contenus dans ce rapport. Ceux que le sujet intéresse pourront le consulter sur le site www.securiteroutiere.gouv.fr/observatoire.

Cependant, certaines conclusions clairement affirmées nous interpellent :

1)# Les voies autoroutières représentent seulement 1% du kilométrage national mais concentrent 21% du trafic pour une proportion d’accidents de 5.4% et de 5.8% de tués.

2)# Ce sont les routes de rase campagne (nationales ou départementales) qui sont le plus dangereuses avec 76% des tués pour 52% du trafic. Les trois quarts des tués le sont sur des routes nationales et départementales.

3)# Près de 60% des tués le sont sur des routes bidirectionnelles.

Dans leur interprétation des résultats, les analystes n’hésitent pas à dire que : « (….) dans la mesure où les routes expresses à 2 x 2 voies sont très proches des autoroutes,(…) la part de trafic sur routes nationales à 2 x 2 voies est le premier facteur explicatif du taux de tués sur routes nationales ».
Autrement dit, ce qui permettra le mieux d’améliorer la sécurité sur les routes nationales, c’est leur transformation en routes à 2 x 2 voies.

Or, l’examen plus attentif de cette étude montre que la Lozère fait partie :

1°)# des 15 départements qui ne possèdent pas (encore !) de routes nationales à 2 x 2 voies.

2°)# des 4 départements où le risque d’accidents s’est le plus dégradé (+40%) entre la première période (1995-1999) et la dernière (2000-2004). Cette dégradation, régulière au fil des périodes, nous a fait passer du 6° au 61° rang des départements métropolitains.

Dès lors, on peut dire ce qu’on veut mais il est certain que l’amélioration durable de la sécurité en Lozère passe aussi (et peut-être surtout) par une amélioration de son infrastructure routière et notamment par la mise à 2 x 2 voies de la RN 88 qui devient vitale (au sens premier du terme) et donc urgente. L’augmentation du trafic (46% en 2005) renforce encore cette évidence.

Alors, saluons bien sûr, et franchement, le travail effectué pour lutter contre le fléau des accidents de la route . Mais ne nous cachons pas derrière notre petit doigt et faisons en sorte que la mobilisation de chacun et de tous (représentants de l’Etat, élus, responsables politiques, associations, simples citoyens) permette de réduire de quelques mois et même, pourquoi pas, de quelques années, l’aménagement de cet axe ; nous ne perdrons pas notre temps. Car, n’oublions pas :

         @@ EN MATIERE DE SECURITE, L’UNITE DE COMPTE , C’EST LA VIE !

Elle n’a pas de prix , ce qui ne veut pas dire qu’elle ne vaut rien