Aujourd’hui, presque tout a changé : l’énergie et les matières premières arrivent de régions lointaines dans le monde (le Japon ne produit quasiment ni énergie ni matières premières), la création de grands complexes industriels est de plus en plus exceptionnelle (du moins dans les anciens pays industriels), donc il n’y plus besoin d’avoir une population nombreuse sur place.
Par contre, deux éléments sont devenus déterminants :

la qualité de la vie et de bonnes voies de communication.

Pas seulement pour transporter les marchandises, mais aussi pour transporter les personnes. Aujourd’hui la plupart des individus n’acceptent plus de vivre et de travailler dans un endroit marginalisé par l’enclavement. L’attractivité d’une ville -et par conséquent ses chances de développement-, est étroitement liée à son accessibilité. On a besoin de se déplacer vers d’autres régions de France, vers d’autres pays, non seulement pour des motifs professionnels, mais aussi familiaux, culturels, touristiques. On éprouve le besoin de recevoir sa famille, ses amis. On n’accepte plus d’habiter dans un « trou » d’accès difficile.

La Lozère ne peut espérer conserver une activité économique qu’en offrant à ceux qui voudraient y rester ou s’y installer des facilités normales de déplacement.

Aujourd’hui (et probablement pour encore quelque temps !) il n’existe que quatre types de voies de communication : la voie maritime … la voie aérienne … les voies ferrées performantes, (c’est-à-dire les rares lignes anciennes de vallées ou de plaines et les nouvelles lignes TGV)… et enfin les autoroutes ou routes express. Bénéficier de plusieurs de ces avantages est un privilège, n’en avoir aucun est une condamnation sans espoir. En Lozère on ne peut prétendre qu’à un seul : une bonne voie routière soit au moins une 2x2 voies.

Pierre DACLIN